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Les coulisses du CAC : Entretien avec les stagiaires du CAC Alexei Halpin et Erin Macpherson

Au début de juin, Alexei Halpin et Erin Macpherson ont amorcé un stage de six mois au CAC. Ils ont directement contribué au cours des cinq derniers mois au processus d’évaluation en participant à des réunions de comités d’experts et en menant des recherches en soutien à divers projets.

Le programme de stages du CAC donne à des personnes ayant récemment obtenu un diplôme d’études supérieures ou professionnel ainsi qu’à des boursiers postdoctoraux une occasion unique de travailler à l’interface entre la science et les politiques publiques.

Alexei et Erin nous parlent de ce qui les a attirés vers le stage, de ce qu’ils ont tiré de leur expérience et de leurs domaines d’expertise particuliers.

Alexei Halpin

Parlez-nous un peu de vous-même et de votre domaine de recherche.

Je suis physicien de formation, plus particulièrement spectroscopiste. J’ai donc utilisé divers types de lasers pour examiner comment fonctionnent certaines molécules ou substances. Par exemple, j’ai travaillé pour mon doctorat sur un projet portant sur une protéine qui joue un rôle dans la vision des mammifères. L’absorption d’un photon de lumière par un pigment qui se trouve dans cette protéine déclenche la première phase du processus de vision et implique une des réactions chimiques les plus rapides que nous connaissions, laquelle s’effectue dans un laps de temps plus court qu’un millionième de millionième de seconde. Nous avons bâti un laser émettant des impulsions lumineuses suffisamment courtes pour pouvoir examiner comment le pigment visuel redistribue l’énergie obtenue après avoir capté un photon. Cela nous a permis de déterminer quels atomes constituant ce pigment se déplacent ensemble pour déclencher cette première phase du fonctionnement de la protéine.

Qu’est-ce qui vous a attiré vers ce stage au CAC?

Twitter! J’ai découvert le CAC lorsque le rapport Rivaliser dans une économie mondiale axée sur l’innovation : L’état de la R-D au Canada est apparu dans mon flux d’actualités. La possibilité de lire un rapport indépendant et multidisciplinaire sur ce sujet m’a beaucoup intéressé et je me suis tenu au courant des activités du CAC depuis ce jour.

Quel aspect du stage avez-vous préféré jusqu’à maintenant? Quelle est la chose la plus intéressante que vous ayez apprise jusqu’ici?

Ce que j’ai préféré jusqu’à maintenant, ce sont les réunions des comités d’experts. C’est très intéressant d’écouter les discussions et d’avoir la possibilité de converser seul à seul avec les experts pendant les pauses. Il est difficile de choisir la chose la plus intéressante que j’ai apprise jusqu’ici. Les deux évaluations sur lesquelles je travaille sont très loin de mon domaine d’expertise initial et chaque évaluation a été une source de nouvelles connaissances intéressantes, à la fois sur le plan scientifique et socioéconomique.

Quelle serait votre évaluation rêvée?

J’aimerais lire une évaluation ou participer à une évaluation sur l’avenir des villes canadiennes. L’urbanisation croissante, le vieillissement des infrastructures, les technologies perturbatrices (p. ex., le projet de Sidewalk Labs à Toronto), les changements climatiques, les problèmes liés au marché du logement, etc., vont ensemble provoquer de nombreux changements dans l’environnement urbain au cours des prochaines décennies. Je pense effectivement que le CAC a tous les atouts nécessaires pour réunir des données probantes sur les considérations socioéconomiques, technologiques et éthiques à prendre en compte dans la planification de villes canadiennes modernes (sans donner de recommandations, bien évidemment).

Si vous pouviez inviter n’importe qui, vivant ou mort, à dîner, qui inviteriez-vous?

Probablement Yotam Ottolenghi ou Melissa Clark, parce qu’ils ont écrit mes livres préférés et qu’un dîner avec eux serait merveilleux.

Que lisez-vous en ce moment?

Je suis entre deux livres en ce moment. J’étais récemment en train de lire Why We Sleep, de Matthew Walker, mais j’ai fait une pause parce que le livre était trop angoissant (nous devons tous dormir davantage). Je vais passer soit à My Brilliant Friend, d’Elena Ferrante, ou à An Impeccable Spy, d’Owen Matthews. Le premier est un roman dont j’ai entendu de très bonnes choses et le second est une biographie d’un espion soviétique décrit par tous les grands romanciers d’espionnage, comme Le Carré et Fleming, comme « l’espion ultime ».

Erin Macpherson

Parlez-nous un peu de vous-même et de votre domaine de recherche.

J’ai fait un baccalauréat ès sciences en neurosciences et en psychologie à l’Université de Toronto et une maîtrise ès sciences en sciences de la réadaptation à l’Université McMaster, où mes travaux ont porté sur les moyens qui peuvent être utilisés pour surveiller et maintenir le fonctionnement physique des adultes plus âgés.

Au cours de ma maîtrise, j’ai commencé à faire du bénévolat pour Parlons sciences et j’ai adoré! J’ai eu la chance de coordonner une équipe formidable d’étudiants de niveau postsecondaire qui étaient passionnés par les sciences, la technologie, le génie et les mathématiques (STIM). Nous avons organisé des événements et des programmes qui ont permis de stimuler de façon amusante et pratique l’intérêt des jeunes pour les STIM. Une fois diplômée, j’ai obtenu un emploi à temps plein au sein de l’équipe de Parlons sciences et j’ai travaillé pendant quatre ans à la coordination de programmes et de partenariats nationaux destinés à faire participer des jeunes autochtones à des expériences STIM pertinentes et marquantes. Ce travail fut pour moi une occasion incroyable d’apprentissage mutuel que j’ai partagée avec les personnes et les collectivités extraordinaires que j’ai rencontrées au Canada.

Qu’est-ce qui vous a attirée vers ce stage au CAC?

Je suis intéressée par la façon dont les décideurs interprètent et utilisent les données scientifiques et la façon dont le public peut comprendre le processus de recherche. Je m’intéresse aussi à la manière dont les chercheurs de différents domaines communiquent entre eux pour trouver des terrains d’entente sur les plans de la terminologie, des hypothèses et des conclusions. Ce stage semblait une excellente occasion d’en apprendre davantage sur le processus utilisé par le CAC pour réunir des experts de différents domaines afin de synthétiser les connaissances et communiquer la pertinence et les répercussions de leurs constatations.

Quel aspect du stage avez-vous préféré jusqu’à maintenant? Quelle est la chose la plus intéressante que vous ayez apprise jusqu’ici?

J’ai aimé avoir la possibilité de plonger en profondeur dans un sujet particulier. C’est formidable de pouvoir s’exercer à transformer les écrits rassemblés sur un sujet en un produit qui incarne avec exactitude leurs complexités et leurs nuances et qui les communiquent de manière accessible et convaincante.

Quelle serait votre évaluation rêvée?

J’adorerais participer à une évaluation qui examinerait les données probantes sur les pratiques dominantes utilisées pour enseigner et apprendre dans des cadres éducatifs formels et informels.

Que lisez-vous en ce moment? J’ai habituellement tendance à lire de la littérature non romanesque, mais comme c’était l’été, j’ai opté pour le roman Normal People, de Sally Rooney — et il ne m’a pas déçue! J’ai également lu récemment The Fate of Food: What We’ll Eat in a Bigger, Hotter, Smarter World, qui propose avec optimisme que les technologies en émergence, couplées à un changement de mentalité, pourraient donner naissance à un avenir alimentaire plus durable. Prochainement, je compte relire mon livre préféré. Il s’appelle Braiding Sweetgrass: Indigenous Wisdom, Scientific Knowledge, and the Teachings of Plants et a été écrit par Robin Wall Kimmerer, une botaniste et membre de la Nation Citizen Potawatomi.

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